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„Actualités (dpa/Rédaction Posteo)“

Pologne : les tribunaux pourraient décider des suspensions de compte sur les réseaux sociaux

Créé le 21. January 2021, 15:41 | Catégorie: News

La Pologne veut interdire aux réseaux sociaux de supprimer des comptes et des messages à leur propre initiative. À l’origine de cela, la suspension du compte de Donald Trump.

Le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro
Le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro veut empêcher, par le biais d’une loi, que les comptes de réseaux sociaux classés à l’extrême droite, par exemple, ne soient bloqués sans examen judiciaire. (source : imago images / Eastnews)

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Une nouvelle loi doit interdire aux réseaux sociaux comme Twitter et Facebook de suspendre les comptes d’utilisateurs lorsque les contenus qui y sont publiés n’enfreignent pas le droit polonais. Le ministère de la Justice vient de soumettre un projet de loi allant dans ce sens.

Selon le journal The Guardian (en anglais), les utilisateurs pourront à l’avenir porter plainte auprès d’un tribunal si les réseaux sociaux effacent des contenus. Le tribunal vérifiera ensuite dans les sept jours si les contenus enfreignent le droit polonais ou non. Si ce n’est pas le cas, l’entreprise devra rendre les contenus de nouveau accessibles. Le processus de plainte est censé se dérouler de manière numérique.

Des détails sur le déroulement de la plainte ou sur les conséquences possibles d’un refus par les entreprises de rendre les contenus à nouveau accessibles restent inconnus. D’après le Guardian, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a cependant appelé l’UE à mettre en place une législation similaire.

Facebook a supprimé des messages de haine

Ces dernières années, Facebook avait supprimé à plusieurs reprises des contenus d’organisations ou de personnalités politiques polonaises d’extrême droite, par exemple en raison de messages discriminants envers la communauté LGBT ou les réfugiés. En novembre, le compte Facebook de l’homme politique d’extrême droite Janusz Korwin-Mikke, avec ses 780 000 abonnés, a été suspendu. Cet homme politique anti-démocratie (en polonais), antisémite (en anglais) et misogyne (en polonais) a ensuite affirmé que Facebook serait dirigé par des « fascistes et des bolchéviques ».

Le déclencheur final de l’actuelle offensive juridique du gouvernement semble être la suspension du compte de Donald Trump (en allemand) par Twitter et Facebook. Idéologiquement, il y a une proximité entre le parti PiS au pouvoir en Pologne et Trump. Sans se référer directement au projet de loi actuel, le secrétaire d’État du ministère de la Justice Sebastian Kaleta qualifiait la décision de suspendre le compte Facebook de Trump d’hypocrite et de motivé politiquement ; la mesure reviendrait à de la censure.

De nombreuses autres personnalités politiques européennes comme la chancelière allemande Angela Merkel (en allemand) avaient également critiqué Twitter la semaine dernière pour la suspension du compte de Trump.

Les médias polonais indépendants menacés

Le parti au pouvoir en Pologne, le PiS, affiche cependant de plus en plus l’ambition de restreindre la liberté d’expression et de la presse dans son propre pays (en allemand). Dans le classement de la liberté de la presse, la Pologne a reculé de plusieurs places en l’espace de cinq ans, depuis l’arrivée au pouvoir du parti PiS : de la place 18 au départ à la place 62, sur 180 au total.

Cela s’explique notamment par le licenciement de nombreux journalistes critiques envers le gouvernement et par la mise au pas croissante de la presse. Parallèlement, des procès en diffamation ont été intentés contre des journalistes. D’après l’organisation Reporters sans frontières, il y a toujours, malgré ces risques existant en Pologne, un paysage médiatique privé diversifié qui fonctionne « à plein régime » et inclut dans son programme des informations critiques à l’égard du gouvernement. (hcz)

Les députés européens votent un retrait rapide des contenus à caractère terroriste

Créé le 15. January 2021, 12:30 | Catégorie: News

Un nouveau règlement européen stipule que les plateformes en ligne doivent supprimer à l’avenir les contenus à caractère terroriste dans les plus brefs délais. Les détracteurs de cette mesure craignent que ce règlement ne limite potentiellement la liberté d’expression.

Contenus à caractère terroriste sur Internet
Ce nouveau règlement de l’UE prévoit des injonctions de suppression transfrontières pour les contenus à caractère terroriste (source : imago images / Panthermedia)

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Les plateformes en ligne comme Facebook, Twitter et YouTube devront désormais supprimer en une heure les « contenus à caractère terroriste » dans l’UE en cas de signalement par les autorités. La Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures, en charge du sujet, a voté lundi en majorité pour ce règlement contre « la diffusion de de contenus à caractère terroriste en ligne » (« règlement TERREG »). Avant que le règlement ne puisse entrer en vigueur, le Conseil européen et le Parlement doivent l’adopter en deuxième lecture.

Comme l’a annoncé le Parlement européen (en anglais), ce nouveau règlement concerne les textes, images, enregistrements et vidéos, y compris les contenus diffusés en direct (live streams) incitant à des crimes terroristes. Les instructions relatives à de tels crimes et l’incitation à rejoindre des groupes terroristes en font également partie. De plus, les instructions portant sur la construction de bombes et d’armes doivent être également supprimées.

Des exceptions sont prévues pour les contenus diffusés à des fins pédagogiques, journalistiques, artistiques ou de recherche. Les contenus relatifs à la lutte contre le terrorisme ne doivent pas, eux non plus, être supprimés. De plus, selon l’UE, les déclarations polémiques dans le cadre d’un débat public sont exemptées.

Le règlement (en anglais) concerne toutes les plateformes qui proposent leurs services dans l’UE. Si elles reçoivent une injonction de suppression de la part des autorités compétentes (competent authorities), elles seront à l’avenir dans l’obligation de supprimer ou bloquer « aussi vite que possible », quoiqu’il en soit en moins d’une heure. La compétence du juge n’est pas nécessaire à l’injonction de suppression. Les petites plateformes non commerciales ne sont pas tenues au délai d’une heure.

Les États membres doivent décider eux-mêmes quelles autorités et combien d’entre elles sont compétentes chez eux : elles peuvent ainsi déléguer cette tâche aux autorités judiciaires, par exemple. Si les plateformes n’appliquent pas l’injonction, elles s’exposent à des avertissements ou des amendes. Les violations systématiques sont passibles d’amendes pouvant aller jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires d’une entreprise.

Injonctions de suppression transfrontières

Les autorités compétentes peuvent également envoyer des injonctions de suppression à des prestataires dont le siège principal se trouve dans un autre État de l’UE. Les plateformes ont alors la possibilité, jusqu’à 48h après réception de l’injonction, de demander une vérification par l’autorité compétente de leur pays. Celles-ci doivent bloquer l’injonction si elles estiment qu’elle enfreint ce règlement ou les droits fondamentaux de l’UE. Les injonctions peuvent également être contestées devant les tribunaux.

Dans le cadre de ce règlement, l’UE ne contraint pas les plateformes internet à surveiller ou filtrer les contenus de manière automatisée. Les filtres de chargement exigés auparavant ne sont par conséquent pas obligatoires : on les considère comme des sources d’erreur potentielle, pouvant par exemple exclure automatiquement de la publication des contenus journalistiques.

Aussi bien les autorités que les opérateurs de plateformes doivent fournir des informations dans des rapports de transparence annuels sur les injonctions émises et les mesures prises dans le cadre du règlement.

Les détracteurs craignent la censure

Le règlement a été largement critiqué dès sa genèse, notamment en raison des filtres de chargement prévus. Même si ceux-ci ne sont pas obligatoires, l’inquiétude persiste concernant le fait que des pays comme la Hongrie, qui sont sous le feu des critiques en raison de leurs manquements à l’état de droit, puissent tirer parti de ce règlement. Ils pourraient tenter de bloquer les contenus critiques envers le pouvoir en tant que « propagande terroriste ». Car bien que la définition de terrorisme soit fixée dans la directive européenne relative à la lutte contre le terrorisme de 2017, elle est considérée par ses détracteurs comme étant trop large. Le porte-parole sur la politique intérieure de la fraction des Verts/ALE de l’époque, Philipp Albrecht, avait qualifié cette définition du terrorisme de disproportionnée (en allemand) et prévenu qu’elle pourrait selon lui « être utilisée par les gouvernements des États membres de l’UE pour criminaliser des actions politiques d’activistes environnementaux ou des droits civils. »

Le député européen Patrik Breyer du Parti des pirates (Allemagne) a déclaré avoir voté, avec la fraction Verts/ALE dont il est membre, contre le règlement (en allemand) : « malgré des succès partiels mais importants […], les injonctions de suppression ultra-rapides et transfrontières sans compétence du juge menacent la liberté d’expression et de la presse en ligne. » Les injonctions de suppression transfrontières ouvrent d’après lui « un boulevard à une censure d’Internet motivée politiquement ».

D’après Breyer, le règlement de l’UE est comparable à la loi AVIA en France : le Conseil constitutionnel avait décidé en juin 2020 (en anglais) que celle-ci allait à l’encontre du droit fondamental à la liberté d’expression. Breyer estime que le règlement de l’UE est similaire : « Conformément à la décision de justice concernant la loi française AVIA, jugée inconstitutionnelle, ce règlement de l’UE contre le terrorisme sur Internet sans précédent est susceptible de limiter de manière disproportionnée le droit fondamental à la liberté d’expression et ne tiendra pas devant un tribunal. Rien n’est plus inefficace contre le terrorisme qu’une loi abrogée ».

L’association française La Quadrature du Net considère que ces délais de suppression courts ne sont pas réalistes. Seules de grandes entreprises pourraient les respecter. L’organisation craint par conséquent que les opérateurs recourent de plus en plus à des outils automatisés afin de filtrer les contenus dès le chargement. Lorsque les autorités judiciaires décident des suppressions, cela peut en outre, selon l’association, mener à la censure d’opposants politiques ou de mouvements sociaux. (js)

La France lance un label de réparabilité pour les appareils électroniques

Créé le 07. January 2021, 17:08 | Catégorie: News

Pour les appareils électroniques achetés en France, les fabricants devront indiquer à l’avenir à quel point et à quel prix ils peuvent être réparés. Sinon, ils encourent des amendes.

réparation de smartphone
Les appareils électroniques tels que les smartphones sont souvent compliqués à réparer, si tant est que le fabricant propose déjà des pièces de rechange. (Source : imago images / agefotostock)

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La France a fait un pas vers des produits électroniques plus durables : depuis le premier janvier, un « index de réparabilité » doit être indiqué pour les appareils comme les smartphones, les ordinateurs portables, les machines à laver, les télévisions et les tondeuses. Il est censé indiquer clairement aux consommateurs avec quelle facilité et à quel prix un produit peut être réparé.

L’« indice de réparabilité » fait partie de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire votée en 2020. L’échelle de l’indice de réparabilité va de un à dix. En plus de cela, les vignettes sont colorées, du rouge (difficile à réparer) au vert foncé en passant par le jaune.

Calcul

L’évaluation est basée sur cinq critères : la qualité de la documentation fournie par le fabricant, les possibilités de démontage, la disponibilité de pièces de rechange, leur prix et le type de produit. Le prix des pièces de rechange est entre autres évalué, et ce par rapport au prix de l’appareil. Le nombre d’étapes nécessaires à l’échange d’une pièce est également pris en compte.

Les fabricants doivent calculer l’indice de réparabilité pour leurs produits à l’aide d’un catalogue de critères, les fournir aux commerçants et les indiquer sur l’emballage, l’étiquette ou la fiche produit sur Internet. En cas de manquements, des amendes sont prévues à partir de 2022 mais ne sont pas encore précisément définies. À partir de 2024, la France prévoit en plus de cela un indice obligatoire de durabilité.

Indice de réparabilité
L’échelle de l’indice va de un à dix.

Esthétique avant tout

De nombreux appareils électroniques modernes peuvent à peine être réparés, encore moins par des amateurs. Pour concevoir des appareils peu volumineux et esthétiques, les fabricants évitent par exemple les fixations à l’aide de vis. À la place, les pièces sont collées et ne peuvent la plupart du temps pas être échangées sans être endommagées.

Quelques fabricants exigent de plus des prix exorbitants pour des pièces de rechange et des réparations agréées, si bien qu’un nouvel achat est plus intéressant. « La réparabilité n’est en général pas une priorité dans la phase de design, tandis qu’un design élancé l’est. C’est plus difficile à effectuer avec des pièces vissées», estime Dorothea Kessler, chargée de communication de la communauté de réparation iFixit auprès de la Deutsche Welle.

L’organisation française de protection des consommateurs HOP estime que cette réglementation française n’est « pas parfaite ». Il est d’après elle trop facile d’obtenir une bonne note. Les fabricants de smartphones et d’ordinateurs portables doivent par exemple simplement indiquer le type de mise à jour de logiciel afin d’obtenir un point supplémentaire. Même si cette indication n’a pas d’influence positive sur la durabilité de l’appareil. Une critique supplémentaire émise par HOP est que, d’après eux, la composition du score n’est pas assez claire pour le consommateur.

L’organisation pour le développement et l’environnement Germanwatch voit dans le pas effectué par la France un signal adressé au gouvernement fédéral allemand : « Le renforcement de la réparabilité est une mesure déterminante dans la mise en place d’une économie circulaire et, en tant que tel, un outil inévitable pour faire baisser notre consommation de CO2. Des arguments sociaux et économiques parlent également en faveur de la réparabilité. »

L’UE a des projets similaires

D’après un sondage de l’Eurobaromètre datant de 2014, 79 % des citoyens et citoyennes de l’UE pensent que les fabricants devraient être obligés de rendre possible la réparation de leurs appareils électroniques. 77 % des citoyens affirmaient alors préférer réparer des appareils défectueux plutôt que les remplacer.

L’UE tente également de renforcer les droits des consommateurs en termes de réparabilité et de garantir un « droit à la réparation » aux consommateurs : à la fin du mois de novembre, la Commission européenne votait en faveur d’un marquage similaire à celui qui a été lancé en France. Il doit informer le client de la durée de vie attendue d’un article et indiquer à quel point un appareil est facile à réparer. Les membres de l’UE ne se sont pas encore mis d’accord sur les détails et l’apparence des marquages n’est pas encore définie. Les critères sur lesquels l’évaluation doit se baser ne sont pas encore fixés non plus.

Depuis le 1er janvier, une nouvelle obligation est cependant entrée en vigueur pour les fabricants de télévisions : ils doivent garder en stock pendant sept ans les composants d’alimentation électrique, les condensateurs et les autres composants importants, et pouvoir également les livrer en deux semaines. Des réglementations similaires pour d’autres types d’appareils doivent suivre. (hcz)

Des journalistes d'Al-Jazira espionnés sur leur iPhone

Créé le 23. December 2020, 15:21 | Catégorie: News

Les iPhones de dizaines de journalistes d’Al-Jazira ont été espionnés à l’aide d’un logiciel. Des agents gouvernementaux d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis se cacheraient derrière ces attaques.

Salle de presse d'Al-Jazira
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avaient déjà bloqué l’accès au site internet d’Al-Jazira par le passé. (source : imago images / Arabian Eye)

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En juillet et août, des assaillants travaillant pour des agences gouvernementales ont infiltré les iPhones de plusieurs collaboratrices et collaborateurs de la chaîne d’information Al-Jazira à l’aide du logiciel espion « Pegasus ». C’est ce qu’ont prouvé des experts en sécurité du Citizen Lab de l’Université de Toronto. Les assaillants ont utilisé une faille de sécurité jusqu’à présent inconnue dans le service de messagerie Apple iMessage, préinstallé sur les iPhones. Les appareils ont pu être compromis de manière secrète, sans que les victimes n’aient à cliquer sur un lien, rapporte le Citizen Lab (en anglais). Selon le rapport, la faille de sécurité était au moins présente au sein d’iOS 13.5.1. Dans la version actuelle iOS 14, elle devrait avoir été réparée.

En janvier, le journaliste d’investigation Tamer al-Misshal s’était adressé aux experts car il soupçonnait le fait que son smartphone ait été attaqué. Il avait par la suite installé un logiciel d’analyse du Citizen Lab : en juillet, celui-ci a indiqué que son téléphone s’était connecté à un serveur d’installation du fournisseur de Pegasus, NSO.

Avec Al-Jazira, le Citizen Lab a ensuite identifié 36 employés de la chaîne dont les iPhones ont été compromis avec le logiciel espion Pegasus : parmi eux, d’autres journalistes mais également des producteurs et des cadres dirigeants. En plus de cela, les experts en sécurité avaient analysé l’iPhone de la journaliste Rania Dridi de la chaîne de télévision londonienne Al Araby TV. Selon le rapport, celui-ci a été infecté six fois avec le logiciel espion Pegasus entre octobre 2019 et juillet 2020.

Des groupes d’assaillants travaillant pour des gouvernements

L’un des groupes d’assaillants travaillerait « avec un degré moyen de certitude » pour le gouvernement d’Arabie saoudite, un autre pour les Émirats arabes unis, d’après les enquêteurs. Dans un cas, les deux groupes auraient espionné le même iPhone. Deux autres assaillants n’ont pas pu être identifiés par le Citizen Lab.

Les experts expliquent qu’Al-Jazira est pris pour cible lors de ces attaques car la chaîne est implantée au Qatar : les États frontaliers comme l’Arabie saoudite reprochent au Qatar d’accueillir des dissidents de leurs pays. De plus, l’information fournie par Al-Jazira se différencie souvent de celle provenant des médias gouvernementaux de la région, c’est pourquoi la chaîne serait une épine dans le pied de ces États autoritaires. En 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avaient bloqué le site internet d’Al-Jazira dans leurs pays (en anglais). En 2018, Citizen Lab avait notamment prouvé qu’un dissident d’Arabie saoudite avait été espionné (en anglais) avec le logiciel Pegasus.

Pegasus transforme le smartphone en mouchard

Si le logiciel espion est installé sur un téléphone, les assaillants peuvent activer secrètement le micro afin d’enregistrer les conversations. De plus, les conversations téléphoniques peuvent être écoutées et des photos peuvent être prises. Citizen Lab estime en outre que la localisation du smarpthone est transmise et que les les assaillants ont accès aux mots de passe.

Le fabriquant de Pegasus, le groupe NSO, affirmait au journal britannique The Guardian qu’il ne disposait pas d’informations sur les attaques décrites. Ilsexaminerait cependant le mauvais usage du logiciel si des preuves crédibles étaient disponibles.

Apple a confirmé au journal qu’il s’agissait d’attaques provenant d#Acteurs étatiques sur des personnes spécifiques.

Citizen Lab avertit que les logiciels d’espionnage sont de plus en plus difficiles à détecter : souvent, les utilisateurs n’ont ainsi plus à cliquer sur des liens pour que le logiciel soit installé sur le téléphone portable, et ces programmes laisseraient moins de traces qu’auparavant. De plus, les journalistes deviendraient de plus en plus souvent la cible d’attaques au logiciel espion : d’après Citizen Lab, 50 cas au moins sont connus. Même dans le cas de l’enquête actuelle, les enquêteurs estiment que seule une fraction des attaques ont été détectées.(js)

Un journaliste s'est introduit dans une réunion en ligne des ministres de la Défense de l'UE

Créé le 25. November 2020, 14:23 | Catégorie: News

Une photo sur Twitter révélait une partie du code d’accès à la réunion secrète des ministres de la Défense de l’UE. Un journaliste a deviné les chiffres manquants et s’est joint à la réunion.

Videokonferenz
Il ne faut pas publier des codes d’accès à des vidéoconférences sur les réseaux sociaux. Sinon, des personnes non invitées risquent de s’y joindre. (source : RTL Nieuws/Screenshot Posteo)

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La semaine dernière, un journaliste de la chaîne de télévision néerlandaise « RTL Nieuws » a réussi à obtenir l’accès à une vidéoconférence des ministres de la défense de l’UE. Il n’a même pas eu à exploiter des failles de sécurité : des parties du code d’accès étaient visibles sur une photo que la ministre de la Défense néerlandaise Ank Bijleveld a partagé sur Twitter.

Un utilisateur de Twitter attentif a remarqué que 5 des 6 chiffres du code d’accès étaient lisibles sur la photo. Il a ensuite transmis l’information à la chaîne. Le journaliste de RTL Daniël Verlaan a deviné le dernier chiffre, ce qui lui a permis de rejoindre la table des négociations. La chaîne de télévision a publié un court extrait de l’incident.

Le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères Josep Borrell a alors demandé au nouveau participant qui il était. Le rédacteur de RTL s’est présenté aux 27 ministres de la Défense de l’UE en tant que journaliste néerlandais. Borrel a ensuite demandé : « Savez-vous que vous participez à une réunion secrète du Conseil ? » Verlaan s’est alors excusé pour le dérangement et a quitté la session. Verlaan a participé à la vidéoconférence pour un court moment seulement.

Tweet d'Ank Bijleveld
La photo contenant le code d’accès a entre-temps été effacée.

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte était mécontent : « Cela montre à nouveau que les Ministres doivent se rendre compte à quel point il faut être prudent avec Twitter. » Le ministère de la Défense a qualifié l’incident d’« erreur stupide ». La photo contenant le code d’accès a rapidement été effacée. La ministre est actuellement en quarantaine chez elle et voulait démontrer avec cette photo qu’elle continuait à travailler, même en étant à la maison.

Prudence lors du partage de photos

Ce n’est pas la première fois que des personnalités politiques créent une faille de sécurité avec leurs publications sur Twitter : en avril, le Premier ministre Boris Johnson avait partagé la capture d’écran d’une conférence vidéo sur Twitter. Sur la photo, on pouvait voir également le numéro d’identification de la conférence (en allemand). Cependant, il n’y a pas eu d’incident lors de cette rencontre. Un porte-parole du Gouvernement avait assuré que l’accès n’était possible qu’avec un mot de passe.

Un cas à l’impact bien plus important avait eu lieu en 2018 : à l’époque, l’État fédéral américain d’Hawaï avait lancé une fausse alerte au missile. C’est alors qu’une photo de l’agence de presse Associated Press, montrant un membre haut placé de l’agence de protection civile, avait attiré l’attention. Sur la photo, on peut voir également un post-it comportant un mot de passe fixé à l’écran d’un ordinateur. Il n’est cependant pas certain que l’erreur du fonctionnaire ait été à l’origine de la fausse alerte. L’administration a par la suite confirmé que le mot de passe publié était certes correct mais a nié le fait qu’il y ait un rapport entre la fausse alerte et la photo. D’après les informations officielles, un employé aurait déclenché par erreur l’alerte au missile. (dpa / js)