Actualités

„Actualités (dpa/Rédaction Posteo)“

L'aluminium de l'industrie automobile entraîne des violations des droits humains

Créé le 29. July 2021, 17:46 | Catégorie: News

Les chaînes d’approvisionnement en aluminium de l’industrie automobile occasionnent des violations des droits humains et des destructions environnementales. Les ONG exigent davantage d’efforts de la part des fabricants.

Mine de bauxite
Là où il y avait autrefois des terres agricoles vitales, il ne reste qu’un sol troué après l’exploitation de la bauxite. (Quelle: IMAGO / Danita Delimont)

#more#

L’industrie automobile est l’un des plus grands consommateurs d’aluminium au monde. Environ un cinquième du métal extrait est utilisé chaque année pour les véhicules. Mais la production d’aluminium dans de nombreux pays va de pair avec une destruction de l’environnement, des violations des droits humains, comme la destruction des terres agricoles, des émissions massives de CO2 et des déplacements de population.

Les organisations de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) et Inclusive Development International (IDI) ont publié la semaine dernière un rapport (en anglais) détaillé sur le sujet qui documente les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’industrie automobile et leurs effets dans les pays d’extraction et de production. À cette fin, les organisations ont mené des recherches sur le terrain pendant trois ans et se sont entretenues avec neuf grandes entreprises automobiles : BMW, Daimler, Ford, Toyota et Volkswagen, entre autres. BYD, Hyundai et Tesla n’ont pas répondu aux demandes de renseignements.

La production d’aluminium laisse des traces : dans les pays où le métal est extrait, et dans ceux qui transforment la matière première. Dans de vastes zones, les terres agricoles et les habitats naturels sont détruits ; les résidents locaux sont déplacés. Les eaux usées polluent les rivières et les lacs et entraînent des pénuries d’eau potable. Les constructeurs automobiles qui achètent l’aluminium n’ont pas encore suffisamment examiné leurs chaînes d’approvisionnement pour détecter ces abus. Mais les premières initiatives donnent de l’espoir.

Terres détruites

L’aluminium provient de mines, de raffineries et de fonderies en Guinée, au Ghana, au Brésil, en Chine, en Malaisie et en Australie. La matière première se trouve dans ce que l’on appelle la bauxite, du minerai d’aluminium rougeâtre. Même l’extraction de la bauxite pose des problèmes. Le minerai est extrait en surface et les mines s’étendent sur des superficies importantes. Au cours de ce processus, les sociétés minières détruisent souvent les terres agricoles et privent la population de ses moyens de subsistance.

Le rapport évoque la Guinée, qui possède les plus grandes réserves de bauxite (en anglais) au monde avec 7,4 milliards de tonnes, à titre d’exemple négatif. Le pays est devenu ces dernières années le plus grand exportateur de bauxite au monde.

D’après une étude gouvernementale (en anglais) datant de 2019, l’exploitation de la bauxite détruira 858 kilomètres carrés de terres agricoles en Guinée au cours des 20 prochaines années. Cela détruirait 4700 kilomètres carrés d’habitat naturel. Les habitants des zones touchées seront durement touchés, car selon HRW, environ 80 % d’entre eux vivent de l’agriculture. Les compensations seraient par ailleurs trop faibles.

En Australie, de vastes étendues de terres appartenant à des peuples indigènes ont déjà été victimes de décennies d’exploitation de bauxite. Selon le rapport, beaucoup d’entre eux se battent encore pour obtenir une compensation adéquate.

L’eau et l’air pollués

D’après le rapport, les rivières et les lacs sont également affectés par l’exploitation minière. La végétation est éliminée, ce qui entraîne de l’érosion. La boue rouge qui est produite lors du raffinage de la bauxite, pollue les masses d’eau dont les communautés dépendent pour l’eau potable et l’irrigation.

Dans l’État brésilien du Pará, une organisation non gouvernementale représentant plus de 11 000 personnes poursuit une mine de bauxite, une raffinerie et une fonderie d’aluminium appartenant à Norsk Hydro. L’entreprise est accusée de polluer les eaux du bassin amazonien.

Un autre effet secondaire de la production d’aluminium est l’émission massive de gaz à effet de serre : la matière première doit être raffinée et fondue, ce qui consomme beaucoup d’énergie. Cela se fait principalement dans des usines en Chine. En 2018, celles-ci ont couvert à presque 90 % de leurs besoins énergétiques grâce aux centrales à charbon. C’est une autre raison pour laquelle la production d’aluminium produit un niveau particulièrement élevé d’émissions : selon le rapport, un milliard de tonnes d’équivalent CO2 sont émises chaque année, soit environ deux pour cent du total des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre.

Plus de voitures, plus d’aluminium

L’aluminium peut être utilisé pour rendre les voitures plus légères, et donc plus économes en énergie. De nos jours, 18 % de la production mondiale est déjà destinée aux constructeurs automobiles. D’ici 2050, l’association industrielle International Aluminium Institute (IAI ; en anglais) prévoit un doublement de la consommation du secteur.

Le recyclage de l’aluminium est facile et économe en énergie ; le processus ne nécessite qu’un dixième de l’énergie nécessaire à la production de nouveaux matériaux. Néanmoins, l’industrie automobile utilise actuellement 58 % d’aluminium nouvellement produit. L’IAI prévoit que cette part restera de 45 % en 2050.

La European Aluminium Association (vidéo en anglais) voit dans la transition vers la mobilité électrique la raison de l’augmentation de la demande à l’avenir. Plus une voiture électrique est légère, plus son autonomie est grande. Les cabinets de conseil économique prévoient que 12 millions de voitures électriques seront en circulation dans le monde d’ici 2025. Les cabinets de conseil économique prévoient que 12 millions de voitures électriques seront vendues dans le monde en 2025, et jusqu’à 21 millions en 2030.

Les fabricants agissent

Les autrices et auteurs du rapport accusent les constructeurs automobiles du fait que les impacts négatifs de la production d’aluminium sont encore un « angle mort » pour l’industrie. Aucune des entreprises interrogées n’avait analysé ses chaînes d’approvisionnement en aluminium pour comprendre les risques liés aux droits humains qu’elles comportent. « Au lieu de cela, les constructeurs automobiles ont donné la priorité au devoir de diligence de la chaîne d’approvisionnement pour d’autres matériaux essentiels aux véhicules électriques, tels que le cobalt […] », indique le rapport.

HRW et IDI appellent les entreprises à prendre davantage de responsabilités, à inclure des normes contraignantes en matière de droits humains et d’environnement dans leurs contrats d’achat et à exiger la même chose de leurs fournisseurs. Les chaînes d’approvisionnement devraient être entièrement cartographiées et ces informations doivent être accessibles au public. Cela permettrait aux communautés concernées et aux ONG de partager des informations sur les risques portant sur les droits humains et à des organismes indépendants de vérifier ces informations.

« Ils [les constructeurs automobiles] devraient utiliser leur pouvoir d’achat toujours croissant pour protéger les communautés dont les terres et l’environnement sont endommagés par l’industrie de l’aluminium », déclare Jim Wormington, chercheur principal sur l’Afrique à Human Rights Watch.

Bien que les constructeurs Audi, BMW et Daimler encouragent leurs fournisseurs d’aluminium à adhérer au programme de certification Aluminum Stewardship Initiative (ASI), cette démarche n’est pas suffisante. Le programme vérifie que les mines, les raffineries et les fonderies respectent les droits humains et les normes environnementales. « Cependant, les normes de l’ASI en matière de droits humains ne sont pas assez sophistiquées et ne fournissent pas de critères spécifiques pour évaluer dans quelle mesure les entreprises répondent à des questions importantes en matière de droits humains, telles que la réinstallation des communautés déplacées par l’exploitation minière », critique Human Rights Watch. Le programme a besoin de plus de transparence dans ses résultats et doit mieux impliquer les communautés dans le processus de vérification.

En revanche, les auteurs évaluent positivement un projet de « Drive Sustainability », une alliance de onze entreprises automobiles. L’initiative a lancé en mai un projet visant à évaluer les risques pour les droits humains liés à la production d’aluminium et de neuf autres matières premières. En janvier, ils ont contacté l’association des producteurs d’aluminium, l’Aluminum Association, à ce sujet et ont exprimé leur inquiétude quant à la situation en Guinée.

« Drive Sustainability » est devenu actif après que Human Rights Watch et Inclusive Development International ont contacté les entreprises au sujet des problèmes de la production d’aluminium. (hcz)

Des smartphones de journalistes et d'opposants espionnés dans le monde entier

Créé le 20. July 2021, 15:42 | Catégorie: News

Des journalistes et des défenseurs des droits humains du monde entier auraient été espionnés avec le logiciel d’espionnage Pegasus. Des ONG demandent un moratorium sur l’export de techniques de surveillance.

Pegasus infecte les smartphones
Depuis des années déjà, le logiciel Pegasus de NSO est associé à des violations des droits humains. (source : Unsplash)

#more#

Selon les médias, le logiciel de surveillance Pegasus de la société israélienne NSO a été utilisé pour espionner encore plus de personnalités d’opposition et de journalistes que ce que l’on savait auparavant. Des traces du logiciel espion ont été trouvées sur 37 smartphones de professionnels des médias, de défenseurs des droits humains et de leurs proches, ainsi que d’hommes d’affaires. Ces faits ont été rapportés par un consortium international de journalistes en coopération avec les organisations Forbidden Stories et Amnesty International. Ils ont analysé un ensemble de données de plus de 50 000 numéros de téléphone apparemment sélectionnés par les utilisateurs de Pegasus comme cibles potentielles d’espionnage.

Ont participé aux recherches du nom de « Projet Pegasus » notamment Franceinfo mais aussi les médias allemands NDR, WDR, Süddeutsche Zeitung, die Zeit ainsi que plusieurs médias internationaux. D’après ces recherches, la liste de numéros de téléphone comprend les entrées de 2016 à 2021 d’au moins 10 clients de l’entreprise. D’après ce qu’elle indique elle-même, l’entreprise NSO vend ses techniques de surveillance à des agences étatiques uniquement.

Les journalistes ont pu attribuer des milliers de numéros de téléphone à des personnes précises, y compris des chefs d’État et de gouvernement. En outre, les numéros de plus de 180 journalistes figuraient sur la liste, parmi lesquels le rédacteur en chef du Financial Times britannique, les rédacteurs en chef des médias français Le Monde, Mediapart et Le Canard Enchainé ainsi que d’autres originaires de Hongrie et d’Azerbaïdjan. Des opposants au gouvernement indien ainsi qu’un journaliste mexicain assassiné en 2017 se trouvaient également sur la liste.

Les experts en informatique du Security Lab d’Amnesty International ont pu procéder à un examen médico-légal des iPhones de 44 personnes figurant sur la liste et détecter des traces de Pegasus dans 37 cas. Le Citizen Lab de l’Université de Toronto a vérifié cette méthode. Sur certains smartphones, le cheval de Troie aurait été actif jusqu’en juillet de cette année.

Des journalistes en Hongrie, en Azerbaïdjan et en France

Parmi les victimes figurent apparemment plusieurs journalistes d’investigation hongrois. Un ancien employé de NSO a confirmé aux médias participant aux recherches que la Hongrie comptait ou compte encore parmi les clients de NSO. On ne sait toujours pas quelles agences en particulier se cachent derrière ces écoutes.

En Azerbaïdjan, plusieurs journalistes critiques à l’égard du gouvernement auraient également été surveillés. En outre, les téléphones portables de deux journalistes du journal en ligne français Mediapart ont été attaqués avec Pegasus entre 2019 et 2020. Les services secrets marocains étaient derrière cette affaire.

La fiancée du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 a été manifestement surveillée avec Pegasus : son smartphone a été infecté avec Pegasus quatre jours après le meurtre. M. Khashoggi aurait également été espionné avant son assassinat à l’aide de ce logiciel.

Pegasus transforme les smartphones en micros

Si le cheval de Troie Pegasus est installé sur un téléphone, les agresseurs peuvent, par exemple, activer le micro sans se faire remarquer afin d’enregistrer les conversations. En outre, il est possible d’écouter les appels téléphoniques, de lire les chats et de prendre des photos. Le programme d’espionnage est installé par les agresseurs à distance. Cela serait même possible sans que les victimes aient à cliquer sur un lien ou à faire quoi que ce soit : les agresseurs envoient un message préparé qui ne s’affiche pas sur l’appareil et qui télécharge et active automatiquement le logiciel espion.

Une clarification est demandée

Dans un communiqué publié dimanche, NSO qualifiait ces recherches de « faux reproches et d’affirmations trompeuses ». Les accusations n’auraient « aucune base factuelle ». Le logiciel de la société ne serait par ailleurs « en aucune façon lié au meurtre odieux de Jamal Khashoggi ». Comme par le passé, NSO a affirmé que Pegasus était « vendu exclusivement aux organismes chargés de l’application de la loi et aux agences de renseignement de gouvernements soumis à vérification, dans le seul but de sauver des vies en prévenant la criminalité et les actes de terrorisme ».

Agnès Callamard, Secrétaire générale d’Amnesty International, affirmait quant à elle : « Le Projet Pegasus montre à quel point le logiciel espion de NSO Group est une arme de choix pour les gouvernements répressifs qui cherchent à réduire au silence les journalistes, à s’en prendre aux militant·e·s et à écraser l’opposition, mettant ainsi d’innombrables vies en péril. » Bien que l’entreprise affirme que le logiciel n’est utilisé que pour des enquêtes criminelles légitimes, il est clair que la technologie permet des abus systématiques.

Le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, a réagi avec indignation à ces informations. « Évidemment, ce sont des faits extrêmement choquants », a-t-il déclaré lundi sur Franceinfo, tout en annonçant des investigations. En Hongrie, les personnalités politiques de l’opposition et une association de journalistes font également pression pour une clarification immédiate. Entre-temps, le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a rejeté les accusations selon lesquelles son pays aurait utilisé Pegasus pour surveiller les journalistes et les membres de l’opposition. Il a déclaré que les services secrets de l’IH étaient prêts à fournir des informations à la commission de sécurité du Parlement hongrois.

L’association des journalistes allemands (Deutsche Journalisten-Verband, DJV) demandent de plus aux autorités de sécurité et services secrets allemands si le logiciel d’espionnage Pegasus a été utilisé contre des journalistes allemands. Le Président fédéral du DJV Frank Überall évoquait (en allemand) « un scandale de surveillance jamais vu ».

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) s’est montrée elle aussi choquée du nombre important de pays ayant apparemment surveillé des professionnels des médias. Le Président allemand de RSF Christian Mihr a déclaré : « Les révélations du projet Pegasus doivent être un signal d’alarme : La communauté internationale doit désormais mettre un terme au commerce mondial des technologies de surveillance. Les propositions de règles d’exportation contraignantes sont sur la table depuis des années et doivent enfin être mises en œuvre. ». Amnesty International a également demandé un moratoire immédiat sur l’exportation, la vente et l’utilisation des technologies de surveillance.

Des violations répétées des droits humains

Le logiciel Pegasus est sous le feu des critiques depuis des années en raison de violations des droits humains : ainsi, les experts en sécurité du Citizen Lab avaient révélé en décembre 2020 déjà que les téléphones mobiles de 36 employé.e.s de la chaîne de télévision Al Jazeera avaient été espionnés. D’après l’enquête, les agresseurs avaient des liens avec les gouvernements d’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis.

RSF ainsi que d’autres organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch avaient la dernière fois reproché en mai (en allemand) à NSO de ne pas respecter les règles en matière de droits humains, malgré leurs déclarations allant dans ce sens. (dpa / js)

Étude : Youtube recommande régulièrement des contenus douteux

Créé le 15. July 2021, 15:51 | Catégorie: News

YouTube propose souvent des vidéos qui violent son propre règlement. Les utilisateurs sont par conséquent amenés à visionner de fausses informations, des images violentes et des arnaques.

YouTube
Si vous vous laissez guider par les recommandations de YouTube, vous risquez de tomber sur des contenus perturbants. (Source : Posteo)

#more#

L’algorithme de recommandation de YouTube promeut régulièrement des vidéos qui contiennent des fausses informations ou des images violentes, ou qui sont dangereuses d’une manière ou d’une autre, et en contradiction avec le règlement de la plateforme de streaming. C’est le résultat d’une enquête récente de la Fondation Mozilla. Le problème serait particulièrement important dans les pays non anglophones.

La Fondation Mozilla a collecté ces données à l’aide de sa propre extension de navigateur appelée RegretReporter. Des volontaires peuvent l’utiliser afin de signaler des vidéos YouTuve douteuses et documenter comment ils ont été (mis) au courant de ce contenu. Mozilla et des chercheurs de l’Université d’Exeter ont ainsi collecté plus de 3000 vidéos signalées dans 91 pays sur la période allant de juillet 2020 à mai 2021.

Une multitude de violations

Les vidéos contenant de fausses informations non liées au Covid-19, portant sur de prétendues conspirations, ont été les plus fréquemment contestées. Viennent ensuite, en termes de fréquence, la violence, la désinformation liée au Covid-19, les discours de haine et les « spams et fraudes ». Moins fréquemment signalés sont les contenus appartenant aux catégories « nudité et contenu sexuel », « sécurité des enfants », « harcèlement et cyberintimidation » et « contenu nuisible et dangereux ».

Regret-Themen
Les sujets des vidéos incriminées triés par fréquence. (Source : Mozilla)

Selon le rapport, la désinformation est un « problème prédominant » sur la plateforme : les mensonges et les contre-vérités concernant la pandémie et d’autres sujets représentaient en tout environ un tiers des vidéos faisant l’objet d’un signalement.

71 % des vidéos signalées avaient été recommandées aux utilisateurs par le propre algorithme de YouTube. Les auteurs et autrices de l’étude supposent qu’un total de 12,2 % des vidéos signalées violent le règlement de la communauté YouTube et ne devraient pas du tout être présentes sur la plateforme, ou ne devraient au moins pas être recommandées.

Art Garfunkel et la conspiration des médias

Environ 9 % des vidéos incriminées ont depuis été supprimées par YouTube. Beaucoup d’entre elles ont été signalées à la plateforme parce qu’elles violaient son règlement. Le contenu en question a totalisé plus de 160 millions de clics au moment de sa suppression, ce qui équivaut donc à 70 % de clics supplémentaires par jour par rapport aux vidéos sans risque que les volontaires avaient regardées.

43 % des vidéos répréhensibles recommandées par l’algorithme n’avaient aucun rapport avec le contenu visionné auparavant par les volontaires. Par exemple, YouTube a recommandé une vidéo conspirationniste intitulée « Modérateur du débat Trump démasqué, il a des connexions profondes avec les Démocrates, la partialité des médias atteint son paroxysme ». À un autre utilisateur, YouTube a suggéré une vidéo sexiste et discriminante intitulée « Un homme humilie une féministe dans une vidéo virale » alors qu’il venait de visionner des contenus sur l’armée américaine.

YouTube comprend mieux l’anglais

Dans les pays où la langue principale n’est généralement pas l’anglais, les volontaires ont rencontré des contenus indésirables 60 % plus souvent que dans les pays anglophones. En Allemagne, au Brésil et en France, les utilisateurs et utilisatrices étaient particulièrement susceptibles de tomber sur de telles vidéos. La proportion était de plus de 20 vidéos pour 10 000. Dans les pays anglophones, le taux moyen n’était que de 11 pour 10 000. Dans l’ensemble des pays non anglophones, 17,5 vidéos indésirables sont apparues en moyenne, sur un total de 10 000.

Cela s’explique notamment par le fait que les algorithmes de recommandation et de détection des violations de règlement sont entraînés avec des modèles d’apprentissage automatique spécifiques à la langue. De nombreuses plateformes se sont principalement entraînées avec des données en anglais, de sorte que les procédés automatiques fonctionnent moins bien avec d’autres langues.

Les algorithmes auraient particulièrement du mal avec ce qu’on appelle les « contenus à la limite de l’infraction » qui contournent à peine les règlements de la plateforme sans les enfreindre clairement. Il est vrai que YouTube souhaite s’attaquer à ce problème mais se concentrera principalement sur les USA et les autres pays anglophones.

Plus de transparence et de contrôle

Les auteurs du rapport demandent à YouTube de mieux expliquer le fonctionnement de ses algorithmes et de fournir davantage d’informations aux régulateurs et aux chercheurs. Ce n’est que de cette manière que des enquêtes indépendantes pourront être menées et contribuer à améliorer le système. L’entreprise devrait donner aux utilisateurs un meilleur contrôle sur les données qui peuvent être utilisées pour les recommandations vidéo, et sur le fait de pouvoir ignorer certaines informations.

Les auteurs appellent les responsables politiques à contraindre les plateformes comme YouTube à plus de transparence. Les chercheurs, les journalistes et les activistes devraient être protégés juridiquement lorsqu’ils enquêtent sur les plateformes avec leurs propres outils et comptes et extraient éventuellement des données de manière systématique.

Il est conseillé aux utilisateurs et utilisatrices de vérifier régulièrement l’historique des vidéos visionnées et des requêtes de recherche dans leur propre profil et de supprimer les vidéos qui ne devraient avoir aucune influence sur les recommandations. Il est également possible de désactiver complètement l’enregistrement de ces données.

Les utilisateurs et utilisatrices YouTube peuvent continuer à utiliser l’extension Mozilla pour les navigateurs Firefox et Google Chrome et signaler les vidéos suspectes. (hcz)

Hong Kong : Google, Facebook & Cie menacent de se retirer

Créé le 07. July 2021, 15:03 | Catégorie: News

Les multinationales de l’Internet mettent Hong Kong en garde contre toute nouvelle restriction en termes de liberté d’expression. En dernier recours, elles se retireraient du pays.

Hong Kong
La répression s’intensifie à Hong Kong : les opposants sont emprisonnés, les journaux sont fermés et les réseaux sociaux sont censurés.(Source : IMAGO / NurPhoto)

#more#

Un groupe d’entreprises comprenant Google, Twitter et Facebook met en garde contre un retrait des géants de l’Internet et de leurs services de Hong Kong, si des règles de protection des données se voyaient, comme prévu, renforcées. L’Asia Internet Coalition (AIC) critique un actuel projet de loi, le considérant trop vague et disproportionné, comme l’indique une lettre destinée à la Commissaire à la protection des données Ada Chung Lai-ling que l’on peut lire depuis mardi sur le site internet de l’AIC (en anglais).

Avec ce projet de loi controversé, le gouvernement hongkongais souhaite apparemment prendre des mesures contre ce qu’on appelle le doxing. Celui-ci consiste à collecter et publier sur Internet les données personnelles des personnes visées. Par exemple pour leur nuire personnellement, les exposer publiquement ou les identifier. La nouvelle loi prévoit des amendes pouvant atteindre 1 million de dollars de Hong Kong, soit l’équivalent d’environ 109 000 euros, et jusqu’à cinq ans de prison.

Lors des manifestations de 2019, des membres de l’opposition avaient divulgué des données personnelles de policiers (parfois violents) ou de leurs familles. Cela a conduit à des menaces à leur encontre. La loi pourrait être adoptée ce mois-ci par le parlement non librement élu de Hong Kong.

Une loi au potentiel répressif

Selon la lettre des entreprises, la proposition de loi serait trop large et mettrait en danger la liberté d’expression. Elles indiquent également, par exemple, qu’il est « inapproprié et inutile » de poursuivre des employés locaux si leurs employeurs basés à l’étranger ne retirent pas le contenu de leurs plateformes après avoir été invités à le faire par les autorités. Selon elles, cela n’est « pas conforme aux normes et tendances globales, ni au droit de la responsabilité civile délictuelle en général ». De telles sanctions à l’encontre d’individus seraient réservées à ceux qui « participent activement et intentionnellement à des activités qui causent manifestement des dommages physiques et les dirigent ». Selon elles, la seule façon pour les entreprises technologiques d’éviter ces pénalités est de cesser d’investir à Hong Kong ainsi que d’y fournir leurs services.

L’AIC partage la « grave préoccupation » du gouvernement concernant le doxing, mais souligne que les lois contre ce phénomène « doivent être fondées sur les principes de nécessité et de proportionnalité. » Elle a déclaré que le projet de loi ne comportait pas de définition du doxing, ce qui crée une « ambiguïté problématique ». En général, a-t-elle dit, il n’existe « aucune définition universellement acceptée ou reconnue du doxing ». Elle s’inquiète, à juste titre, du fait que le terme est « interprété de manière trop large ».

Complément à la « loi sur la sécurité »

Ce débat se déroule dans un contexte de restrictions grandissantes (en allemand) des libertés politiques dans la région administrative spéciale de Chine. Il y a un an, les dirigeants chinois avaient déjà promulgué la loi controversée sur la sécurité qui permettrait de « protéger la sécurité nationale » et vise des activités que Pékin considère comme subversives, séparatistes, terroristes ou conspiratrices. Depuis lors, les autorités ont pris pour cible le mouvement démocratique dans l’ancienne colonie de la couronne britannique.

Facebook, WhatsApp, Google, Twitter et Telegram avaient alors annoncé qu’ils ne répondraient plus, pour le moment, aux demandes de données d’utilisateurs émanant des autorités de Hong Kong, en réponse à la loi sur la sécurité. La plateforme vidéo TikTok s’est ensuite retirée du marché de Hong Kong. Toutefois, la version chinoise censurée Douyin, qui est disponible dans la République populaire communiste, continue de fonctionner à Hong Kong.

Objectif : opposition

Le chef du gouvernement, Carrie Lam, a minimisé les inquiétudes actuelles. Chaque nouvelle loi provoque des remous, comme ce fut le cas de la loi sur la sécurité de l’année dernière, a-t-elle déclaré. Mais les inquiétudes se dissiperont avec le temps, a-t-elle déclaré à la chaîne de télévision RTHK. Du point de vue des critiques cependant, les inquiétudes que suscitait la loi sur la sécurité à l’époque se sont confirmées depuis : elle visait clairement l’opposition. Fin juin, le dernier journal pro-démocratie de Hong Kong Apple Daily devait cesser ses activités, sous la pression des autorités.

L’AIC met en garde contre le fait qu’à l’avenir, même la diffusion non malveillante d’informations en ligne pourrait être considérée comme illégale. La loi pourrait également être appliquée si, par exemple, quelqu’un signalait aux médias des incidents impliquant des informations personnelles.

Lors de la discussion, les experts juridiques ont souligné que les photos d’une personne ou d’un policier prises dans l’espace public pourraient déjà être considérées comme des informations personnelles dignes de protection, dont la diffusion sur les médias sociaux serait alors illégale. Tout ce qui fait référence à une personne peut en faire partie au sens étroit du terme. (dpa / hcz)

Dans le monde, 22 journaux forcés à la fermeture ces dernières années

Créé le 30. June 2021, 15:21 | Catégorie: News

La semaine dernière, le journal pro-opposition Apple Daily de Hong Kong a été contraint de fermer ses portes. Reporters sans frontières rappelle que de nombreux autres médias ont été réduits au silence au cours des cinq dernières années.

Dernier numéro de Apple Daily à Hong Kong
Dans le monde entier, les gouvernements répressifs exercent une pression sur les médias libres en gelant leurs fonds ou retirant leurs autorisations. (Source : IMAGO / ZUMA Wire)

#more#

Dans le monde entier, au moins 22 médias critiques à l’égard de leur gouvernement ont dû cesser leurs activités au cours des cinq dernières années. C’est ce que rapporte l’organisation Reporters sans frontières (RSF). Ils ont été contraints de renoncer face à la pression économique ou le harcèlement juridique.

L’exemple le plus récent est le journal prodémocratie Apple Daily (article en allemand) de Hong Kong. Son dernier numéro a paru la semaine dernière. Le quotidien, fondé il y a 26 ans et diffusé à environ 80 000 exemplaires, a été accusé d’atteintes présumées à la loi sur la sécurité controversée de Hong Kong. La police avait donc fait une descente au siège du journal le 17 juin et arrêté cinq cadres. Les fonds du journal ont également été gelés. Par conséquent, la société mère du journal, Next Digital, ne pouvait plus payer les salaires et a dû cesser ses activités.

Un sort similaire a été réservé à Akhbar Al Youm, le dernier quotidien arabophone indépendant du Maroc. La publication critique envers le régime avait été fondée par Taoufik Bouachrine en 2009. RSF rapporte que le journal s’est vu privé d’annonceurs publics après l’arrestation de son fondateur en 2018. Il n’a pas non plus reçu d’aide de l’État pendant la pandémie de Covid-19 et a finalement cessé ses activités en mars 2021.

En septembre 2017, le journal anglophone Cambodia Daily au Cambodge avait dû cesser ses activités (en anglais) sous la pression financière. Le gouvernement avait exigé le paiement d’un arriéré d’impôt équivalent à environ 5,3 millions d’euros, et avait fixé un délai d’environ un mois pour ce faire. Le gouvernement avait ignoré les demandes du journal pour un audit fiscal en bonne et due forme. Selon RSF, le Cambodia Daily publiait des reportages indépendants depuis 24 ans.

Des lois contre les médias indépendants

Reporters sans frontières dénonce également les procédures judiciaires engagées contre les journaux dans certains pays. Les gouvernements utiliseraient des lois arbitraires et formulées de manière vague pour éliminer les médias critiques.

Par exemple, les journalistes qui reçoivent de l’argent de l’étranger en Russie sont considérés comme des « agents étrangers ». Le site d’information VTimes a été contraint de cesser ses activités en juin après avoir été placé sur la liste des « agents étrangers ». Il n’avait été fondé qu’un an auparavant. Le cofondateur Alexander Gubsky avait déclaré à l’organisation en juin que le site avait été placé sur la liste parce que son administrateur vivait aux Pays-Bas. À la suite de cela, le site d’information a perdu ses annonceurs et un grand nombre de ses sources d’information.

Après la tentative de coup d’État de 2016, un certain nombre de médias ont également été interdits en Turquie, notamment les quotidiens Zaman, Taraf et le journal pro-kurde Ozgür Gündem. En outre, des journalistes ont été inculpés et emprisonnés pour « appartenance à une organisation terroriste ». Actuellement, plusieurs journalistes en Turquie se voient accuser d’infractions d’après la loi anti-terroriste (en allemand).

En Birmanie, la junte militaire aurait retiré l’autorisation de plusieurs quotidiens dont 7 Day News et Eleven après le putsch de février. D’autres journaux indépendants comme le Standard Times ont été censurés ou confrontés à une pénurie de papier. Depuis, il ne serait plus possible d’acheter des journaux indépendants en Birmanie.

Conséquences sur le droit à l’information

Le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, a critiqué le fait qu’en plus de la violence contre les journalistes, les actions méthodiques contre les journaux sont devenues courantes dans de nombreux pays. « L’émotion est moins forte à l’annonce du décès des personnes morales que pour celles des personnes humaines. Ainsi la disparition des journaux dans un pays passe-t-elle parfois inaperçue pour le public international. Au spectateur distrait, la disparition d’un journal peut en outre laisser à penser qu’il est victime d’une mauvaise gestion ou de la désaffection du public. » Cependant, les journaux sont souvent délibérément poussés à renoncer, avec des conséquences terribles pour le droit à l’information. Le droit à l’accès libre à l’information est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies.

Cependant, Reporters sans frontières signale également des journaux qui continuent à publier en ligne : par exemple, El Nacional au Venezuela a dû fermer son édition papier en 2015 après 75 ans, suite à la pression du gouvernement et au manque de papier. En ligne, cependant, l’équipe éditoriale continue à faire des reportages indépendants et critiques à l’égard du gouvernement. (js)